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L'INDIVIDUALISME: VALEUR SOCIALE OU FLÉAU?
L'individualisme, qui est la tendance à privilégier les valeurs et les
droits de l'individu sur ceux des groupes sociaux, a sa place dans la
société. En effet, une communauté est composée de plusieurs personnes
toutes différentes, qui ont des goûts, des aptitudes et des traits de
caractère différents. C'est l'individualisme qui permet d'affirmer
l'originalité propre de chaque personne. Cette reconnaissance de la
personnalité de chaque individu est si importante que presque tous
les régimes politiques qui n'y ont pas accordé suffisamment d'importance
se sont écroulés (pensons à la chute du communisme en ex-URSS).
Par contre, porté à l'excès, l'individualisme peut devenir néfaste pour une société, comme c'est le cas dans la plupart, sinon la totalité des pays les plus industrialisés. En effet, dans une société d'abondance, de bien-être superflu et de consommation, les droits et la reconnaissance de l'individu dégénèrent en la primauté de celui-ci. Cela signifie que chaque personne vit à son compte en ne se préoccupant que de sa propre existance et fait son chemin sans se laisser toucher ou émouvoir par les gens qui l'entourent. Pourtant, le flambeau des libertés individuelles jette une lumière crue sur le théâtre des inégalités sociales. La société québécoise n'échappe pas à la règle. Chacun recherche son confort personnel et cherche à amasser le plus de biens matériels possible. Songeons seulement à la génération des baby-boomers, à qui nous devons le faible taux de natalité au Québec. La plupart d'entre eux ont fait le choix de vivre seuls, ou simplement en couple, afin d'assurer leur bien-être individuel, la continuité de leurs habitudes personnelles, leur confort matériel et, bien sûr, une retraite dorée. Plusieurs de nos aînés ont donc favorisé les objets, et non les êtres, au seins de leur vie. Un autre exemple évident est celui de la population étudiante. Qui n'a jamais vu une troupe d'étudiantes et d'étudiants déambuler, sac au dos et livres au bras, le nez plongé dans leur avenir? Pourtant, rares sont celles qui se préoccupent des projets d'avenir des autres, rares sont ceux qui prêtent attention aux difficultés de leurs voisins. Un mot d'ordre semble régner: c'est chacun pour soi. Cette attitude est certes imputable à l'indifférence générale, mais aussi au désir inavoué qu'ont la plupart des jeunes aux études d'être les seuls à réussir. Ainsi, il leur sera plus facile de décrocher un bon emploi, un travail bien payant, et de jouir à leur tour de l'abondance matérielle. Dans le même ordre d'idées, nous aidons rarement les inconnus rencontrés au hasard des rues, personnes âgées ou enfants qui auraient bien besoin d'aide pour trouver leur chemin, transporter des paquets ou traverser une intersection. Nous poursuivons plutôt notre chemin en jetant un regard gêné autour de nous et en supposant que quelqu'un finira bien par intervenir. Évidemment, cette situation entraîne d'épouvantables injustices. Les inégalités sont criantes. Pensons aux différents niveaux économiques et à la mauvaise répartition des richesse parmi la population. Comme beaucoup ne pensent qu'à s'enrichir le plus possible, et ce, parfois au détriment des autres, de nombreuses personnes se retrouvent sans ressources, alors que certaines vivent dans la surabondance. Il n'y a guère plus d'espoir pour ceux qui sont confrontés à la violence, à la misère, au manque d'éducation et à la détresse psychologique, puisque les mains tendues vers eux sont rares. Notre société est individualiste mais, fort heureusement, il y a des exceptions. Un grand nombre de gens sont maintenant ouverts à cette réalité et agissent de façon plus altruiste. Aux valeurs de prospérité et de consommation, plusieurs personnes opposent des valeurs plus humaines. C'est en nous intéressant réellement à ce qui nous entoure que nous découvrirons à quel point la vie peut être riche d'elle-même, et que nous trouverons un bonheur que l'argent ne peut acheter.
- Anicet
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